Soins des chèvres, pourquoi le vermifuge est indispensable?

Publié par L'équipe La ferme de Maelys dans Compléments ciblés & bien-être Chèvres, Moutons et Cochons le 21 sept. 2026

Soins des chèvres, pourquoi le vermifuge est indispensable?

Vers chez la chèvre : parasites internes, symptômes et vermifuge


Les vers chez la chèvre font partie des problématiques les plus courantes chez les animaux ayant accès au pâturage. Strongles gastro-intestinaux, paramphistomes ou douves peuvent être présents dans différentes parties de l’appareil digestif et leur importance varie selon la saison, les conditions météorologiques, les pâtures et la sensibilité des animaux.

Une bonne gestion du parasitisme interne chez la chèvre ne consiste pas simplement à vermifuger systématiquement. L’observation des animaux, la gestion des parcelles, la coproscopie et une utilisation raisonnée des solutions disponibles permettent d’adapter le suivi au troupeau.

Les jeunes chèvres, les animaux fragilisés ou les troupeaux fortement exposés au pâturage peuvent nécessiter une surveillance renforcée.


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Quels sont les principaux vers chez la chèvre ?


Plusieurs parasites internes peuvent concerner les chèvres, en particulier lorsqu’elles pâturent.

Ils ne se localisent pas tous au même endroit dans l’organisme. Certains vivent dans la caillette, d’autres dans l’intestin grêle, le rumen ou encore le foie.

Parmi les principaux parasites rencontrés chez les chèvres, on retrouve notamment :


  • les strongles gastro-intestinaux ;
  • les paramphistomes ;
  • les douves.


Chaque famille possède ses propres caractéristiques et peut avoir des conséquences différentes sur l’animal.


Les strongles gastro-intestinaux chez la chèvre


Les strongles gastro-intestinaux de la chèvre sont des vers ronds qui vivent dans différentes parties du tube digestif.

Chez les chèvres au pâturage, trois genres sont particulièrement importants : Teladorsagia, Haemonchus et Trichostrongylus.


Teladorsagia : un strongle présent dans la caillette


Teladorsagia est principalement localisé dans la caillette, qui correspond au véritable estomac des ruminants.

Une présence importante peut être associée à une altération de l’état général, une baisse d’appétit, un amaigrissement ou une diminution des performances.


Haemonchus : un parasite de la caillette à surveiller


Haemonchus contortus est également présent dans la caillette.

Il possède cependant une particularité importante : c’est un parasite hématophage, ce qui signifie qu’il se nourrit de sang.

Une infestation importante peut ainsi être associée à :


  • des muqueuses pâles ;
  • une anémie ;
  • une fatigue inhabituelle ;
  • une baisse d’état ;
  • un amaigrissement ;
  • une baisse des performances.


La diarrhée n’est donc pas forcément le signe principal lors d’une infestation par Haemonchus.


Trichostrongylus : un parasite de l’intestin grêle


Trichostrongylus, notamment Trichostrongylus colubriformis, se développe principalement dans l’intestin grêle.

Une infestation importante peut perturber le fonctionnement digestif et s’accompagner d’une baisse d’état, d’un amaigrissement et parfois de troubles digestifs.


Où se trouvent les principaux parasites chez la chèvre ?


Pour retenir simplement leur localisation :


Caillette :

  • Teladorsagia
  • Haemonchus


Intestin grêle :

  • Trichostrongylus


Rumen :

  • Paramphistome


Foie :

  • Douve


Cette localisation permet de mieux comprendre pourquoi tous les parasites internes ne provoquent pas exactement les mêmes symptômes chez la chèvre.


Le paramphistome chez la chèvre


Le paramphistome est un parasite qui, à l’état adulte, se localise principalement dans le rumen.

Les chèvres peuvent être exposées lorsqu’elles pâturent dans des environnements favorables au cycle du parasite, notamment certaines zones humides.

La présence de paramphistomes ne provoque pas systématiquement de signes visibles. L’importance clinique dépend notamment du niveau d’infestation et du stade du parasite.

La gestion des zones humides et la connaissance de l’historique des parcelles sont donc importantes dans les élevages concernés.


La douve du foie chez la chèvre


La grande douve, principalement Fasciola hepatica, est un parasite qui se développe au niveau du foie et des voies biliaires.

Elle est particulièrement associée aux pâtures humides et aux zones favorables au développement de son hôte intermédiaire.

Une infestation peut progressivement affecter l’état général de l’animal.

Parmi les signes pouvant alerter figurent notamment :


  • amaigrissement ;
  • baisse d’état corporel ;
  • fatigue ;
  • baisse des performances ;
  • muqueuses plus pâles dans certaines situations.


Ces signes ne sont cependant pas spécifiques à la douve et peuvent avoir de nombreuses autres causes.


Comment les chèvres attrapent-elles des vers ?


Pour de nombreux strongles digestifs, le cycle implique le pâturage.

Les parasites adultes présents chez la chèvre produisent des œufs qui sont rejetés avec les crottes.

Dans des conditions favorables, ces œufs évoluent dans l’environnement jusqu’à produire des larves infestantes.

Ces larves se retrouvent sur l’herbe et peuvent ensuite être ingérées par les chèvres lorsqu’elles pâturent.

Le cycle recommence alors dans l’animal.


C’est pourquoi le parasitisme dépend étroitement :


  • de la durée de pâturage ;
  • de la météo ;
  • de la température ;
  • de l’humidité ;
  • du chargement des parcelles ;
  • de la rotation des pâtures ;
  • de la hauteur d’herbe ;
  • de l’âge et de la sensibilité des animaux.


Pourquoi certaines pâtures présentent-elles plus de risques ?


Toutes les parcelles ne présentent pas le même niveau de risque.

Les situations nécessitant une vigilance particulière comprennent notamment :


  • pâturage continu sur la même parcelle ;
  • forte densité de chèvres ;
  • parcelle déjà fortement utilisée les années précédentes ;
  • sol humide ;
  • météo douce et humide ;
  • zones autour des abreuvoirs très fréquentées ;
  • pâturage très ras ;
  • absence de rotation des parcelles.


Les larves de strongles sont présentes principalement dans l’environnement proche du sol. Une herbe pâturée très courte peut donc augmenter l’exposition.


Quels sont les symptômes des vers chez la chèvre ?


Les symptômes d’une infestation parasitaire chez la chèvre sont très variables.

Une chèvre parasitée peut notamment présenter :


  • amaigrissement ;
  • perte d’état ;
  • baisse d’appétit ;
  • poil terne ou piqué ;
  • fatigue ;
  • baisse de vitalité ;
  • diminution de production ;
  • diarrhée ou crottes anormales ;
  • retard de croissance chez les jeunes ;
  • muqueuses pâles ;
  • parfois un état général dégradé.


Il est important de retenir qu’un animal peut être parasité sans présenter immédiatement de symptômes évidents.

Inversement, ces signes ne signifient pas automatiquement que la chèvre a des vers.


Une diarrhée chez la chèvre signifie-t-elle qu’elle a des vers ?


Non.

La diarrhée chez la chèvre peut avoir de nombreuses causes : changement d’alimentation, déséquilibre digestif, parasites, infection, ingestion alimentaire inhabituelle ou autre problème de santé.

De même, certaines infestations parasitaires peuvent provoquer très peu de diarrhée.

C’est notamment le cas d’Haemonchus, pour lequel l’anémie et la pâleur des muqueuses peuvent être beaucoup plus caractéristiques qu’une diarrhée importante.

Il est donc préférable de ne pas choisir un vermifuge uniquement à partir de l’aspect des crottes.


Comment savoir si une chèvre a des vers ?


L’observation de l’animal apporte des informations utiles mais ne suffit pas toujours.

Pour évaluer plus précisément le parasitisme, il est possible de réaliser une coproscopie chez la chèvre.


Qu’est-ce qu’une coproscopie chez la chèvre ?


La coproscopie consiste à analyser les matières fécales afin de rechercher notamment des œufs de parasites.

Elle permet d’obtenir des informations utiles sur le niveau d’excrétion parasitaire et d’accompagner une stratégie de vermifugation raisonnée.


Selon les situations, elle peut être réalisée :


  • sur un animal individuellement ;
  • sur plusieurs animaux ;
  • sur un prélèvement représentatif d’un groupe.


Les résultats doivent être interprétés en fonction du contexte, de l’état des animaux, de la saison et des parasites recherchés.


Pourquoi éviter de vermifuger les chèvres systématiquement ?


Pendant longtemps, de nombreux élevages vermifugeaient tous les animaux à dates fixes.

Aujourd’hui, la gestion du parasitisme évolue vers une approche plus raisonnée.

L’une des raisons principales est le développement de résistances aux médicaments antiparasitaires chez certains strongles gastro-intestinaux.

Une utilisation trop fréquente ou mal adaptée des molécules peut sélectionner progressivement les parasites résistants.

L’objectif est donc de mieux cibler les périodes et les animaux nécessitant une intervention, en s’appuyant notamment sur l’observation, la coproscopie, l’historique de l’élevage et les conseils du vétérinaire.


Quand vermifuger une chèvre ?


Il n’existe pas une date universelle adaptée à toutes les chèvres.

La nécessité d’un vermifuge dépend notamment :


  • du mode d’élevage ;
  • de l’accès ou non au pâturage ;
  • de l’âge des animaux ;
  • des résultats de coproscopie ;
  • de l’historique parasitaire ;
  • de l’état général des chèvres ;
  • de la saison ;
  • de la météo ;
  • de la pression exercée sur les pâtures.

Le printemps et l’automne sont souvent des périodes particulièrement surveillées dans les troupeaux pâturants, mais la décision doit être adaptée aux conditions réelles de l’élevage.


Jeunes chèvres et chevrettes : une surveillance particulière


Les chevrettes et jeunes chèvres demandent une attention particulière.

Les animaux jeunes peuvent être plus sensibles aux conséquences du parasitisme, notamment lorsqu’ils découvrent le pâturage ou lorsqu’ils traversent des périodes de stress comme :


  • le sevrage ;
  • la mise à l’herbe ;
  • le changement de lot ;
  • un changement alimentaire ;
  • un transport ;
  • un regroupement.


Une croissance insuffisante ou une baisse d’état doit donc toujours être prise au sérieux.


Gestion du pâturage : un élément essentiel


La maîtrise du parasitisme chez les chèvres ne repose pas uniquement sur les vermifuges.

La gestion du pâturage joue un rôle majeur.

Selon la configuration de l’exploitation, plusieurs leviers peuvent être envisagés :


  • rotation des parcelles ;
  • limitation du surpâturage ;
  • temps de repos des pâtures ;
  • éviter une densité excessive ;
  • gérer les zones très humides ;
  • limiter l’utilisation répétée des mêmes petites parcelles ;
  • adapter la conduite en fonction de la saison.


Une parcelle surpâturée ou utilisée continuellement peut favoriser une exposition plus importante aux larves infestantes.


Vermifuge chimique et résistances parasitaires


Les vermifuges médicamenteux restent indispensables lorsqu’un traitement antiparasitaire est nécessaire.

Toutefois, les résistances des strongles gastro-intestinaux aux différentes familles d’anthelminthiques constituent aujourd’hui une problématique importante dans les élevages ovins et caprins.

Une stratégie raisonnée vise donc à utiliser les traitements nécessaires au bon moment et de manière adaptée, plutôt qu’à multiplier systématiquement les traitements sans évaluation préalable.


Le vétérinaire peut notamment conseiller sur :


  • le choix de la molécule ;
  • la dose ;
  • le poids réel des animaux ;
  • le moment du traitement ;
  • la vérification de son efficacité ;
  • la gestion des résistances.


Qu’est-ce qu’un vermifuge naturel pour chèvre ?


On parle couramment de vermifuge naturel pour chèvre pour désigner des solutions à base de plantes ou d’ingrédients d’origine naturelle utilisées dans une démarche de gestion raisonnée.

Ces produits ne doivent pas être confondus avec les médicaments vétérinaires antiparasitaires.

Ils peuvent s’intégrer dans une approche globale comprenant notamment :


  • observation des animaux ;
  • suivi des pâtures ;
  • coproscopie ;
  • alimentation adaptée ;
  • gestion des conditions d’élevage ;
  • intervention vétérinaire lorsque cela est nécessaire.


Peut-on associer approche naturelle et suivi vétérinaire ?



Oui.

Une approche naturelle ne signifie pas qu’il faut se passer du vétérinaire ou des traitements médicamenteux lorsqu’ils sont nécessaires.

Au contraire, une gestion raisonnée du parasitisme consiste à utiliser différents outils selon la situation réelle du troupeau.

L’objectif est de surveiller les chèvres, de connaître autant que possible la pression parasitaire et d’intervenir de façon adaptée.


Quels signes nécessitent un avis vétérinaire ?


Il est recommandé de demander conseil à un vétérinaire en cas de :


  • amaigrissement important ;
  • diarrhée persistante ;
  • muqueuses très pâles ;
  • animal fortement abattu ;
  • baisse rapide de l’état corporel ;
  • perte importante d’appétit ;
  • gonflement sous la mâchoire ;
  • baisse importante de production ;
  • plusieurs animaux atteints ;
  • mortalité inexpliquée.


Une infestation parasitaire importante peut nécessiter un traitement médicamenteux adapté.


Vers chez la chèvre : ce qu’il faut retenir


Les vers chez la chèvre sont particulièrement importants chez les animaux ayant accès au pâturage.

Parmi les parasites internes couramment rencontrés figurent les strongles gastro-intestinaux, notamment :


  • Teladorsagia, présent dans la caillette ;
  • Haemonchus, présent dans la caillette et hématophage ;
  • Trichostrongylus, principalement localisé dans l’intestin grêle.


D’autres parasites peuvent également être rencontrés :


  • le paramphistome, présent à l’état adulte dans le rumen ;
  • la douve, qui se développe au niveau du foie et des voies biliaires.


L’état corporel, les muqueuses, les crottes, l’appétit et les performances doivent être régulièrement surveillés.

La coproscopie, la gestion des pâtures et l’observation des animaux permettent de mieux raisonner l’utilisation des vermifuges.


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