Problèmes respiratoires chez la poule, le lapin et le pigeon : coryza, Pasteurella, E. coli et bactéries
Publié par L'équipe dans Conseils santé & bien-être animal Le
12/09/2026 à 09:27
Problèmes respiratoires chez la poule, le lapin et le pigeon : coryza, Pasteurella, bactéries, virus et champignons
Une poule qui éternue, un lapin qui présente un écoulement nasal, un pigeon qui respire bruyamment ou encore une volaille avec les yeux ou les sinus gonflés sont des situations fréquemment rencontrées.
Les problèmes respiratoires chez les poules, volailles, lapins et pigeons peuvent avoir de nombreuses origines : bactéries, mycoplasmes, virus, champignons, mais aussi poussière, humidité, mauvaise ventilation ou qualité insuffisante de la litière.
Parmi les maladies souvent recherchées figurent notamment le coryza chez la poule, la pasteurellose, les infections à E. coli et les mycoplasmoses.
Identifier les principaux signes et comprendre les différentes causes permet de mieux surveiller les animaux et de préserver leur confort et leur équilibre respiratoire.
Quels sont les signes d’un problème respiratoire ?
Les symptômes peuvent varier selon l’origine du problème et l’espèce concernée.
Parmi les signes fréquemment observés :
- éternuements répétés ;
- nez qui coule ou écoulement nasal ;
- yeux humides ou larmoyants ;
- gonflement autour des yeux ou des sinus ;
- respiration plus bruyante ;
- râles respiratoires ;
- toux chez certaines espèces ;
- animal qui secoue régulièrement la tête ;
- difficulté à respirer ;
- respiration avec le bec ouvert chez les oiseaux ;
- baisse d’activité ou d’appétit.
Ces signes peuvent se ressembler alors que leurs causes sont très différentes. Un simple éternuement occasionnel après avoir respiré de la poussière n’a évidemment pas la même signification qu’un groupe de volailles présentant simultanément écoulements, gonflements et respiration anormale.
Coryza chez la poule : de quoi parle-t-on ?
Le coryza infectieux de la poule est une maladie respiratoire bactérienne provoquée par Avibacterium paragallinarum.
Le terme « coryza » est extrêmement utilisé par les propriétaires de poules lorsqu’un animal éternue ou présente un nez qui coule. Pourtant, tous les problèmes respiratoires ne sont pas des coryzas.
Le véritable coryza infectieux touche principalement les voies respiratoires supérieures et peut se transmettre rapidement entre oiseaux sensibles.
Quels sont les symptômes du coryza chez la poule ?
Parmi les symptômes du coryza chez la poule, on peut notamment observer :
- écoulement nasal ;
- éternuements ;
- gonflement de la face ;
- sinus gonflés ;
- gonflement autour des yeux ;
- yeux larmoyants ;
- respiration bruyante ;
- baisse d’appétit ;
- diminution de la ponte ;
- baisse de forme générale.
Le gonflement marqué de la face et des sinus fait notamment partie des signes caractéristiques pouvant être observés lors d’un coryza infectieux.
Poule qui éternue : est-ce forcément le coryza ?
Non. Une poule qui éternue n’est pas automatiquement atteinte de coryza.
Les éternuements peuvent également apparaître avec :
- de la poussière dans le poulailler ;
- une litière très sèche ou poussiéreuse ;
- une concentration importante d’ammoniac ;
- des mycoplasmes ;
- d’autres bactéries ;
- certains virus respiratoires ;
- des moisissures ou champignons ;
- une irritation des voies respiratoires.
C’est pourquoi il est important d’observer l’ensemble des symptômes et les conditions de vie des animaux.
Comment le coryza se transmet-il ?
Le coryza infectieux est contagieux. La transmission peut se faire entre oiseaux et être favorisée par l’introduction d’animaux porteurs dans un groupe.
Les bonnes pratiques de biosécurité prennent donc une importance particulière : surveillance des nouveaux animaux, entretien du matériel et limitation des contacts avec des oiseaux dont l’état sanitaire est inconnu.
Les animaux ayant été infectés peuvent également constituer une source de contamination pour d’autres oiseaux.
Pasteurella et pasteurellose : une autre origine bactérienne
Pasteurella multocida est une autre bactérie importante en médecine vétérinaire.
Chez les volailles, elle est notamment responsable du choléra aviaire, également appelé pasteurellose aviaire.
Cette maladie est différente du coryza, même si certaines manifestations peuvent parfois conduire le propriétaire à rechercher une cause respiratoire ou bactérienne.
Chez les oiseaux, Pasteurella multocida peut provoquer des formes aiguës ou chroniques et des animaux peuvent également rester porteurs de la bactérie.
Pasteurellose chez le lapin
Chez le lapin, Pasteurella multocida est également bien connue pour pouvoir être associée à des atteintes respiratoires.
Les recherches « lapin qui éternue », « nez qui coule lapin » ou « pasteurellose lapin » sont donc particulièrement fréquentes.
On peut notamment observer :
- éternuements répétés ;
- écoulement nasal ;
- nez humide ou encombré ;
- écoulements au niveau des yeux ;
- respiration modifiée ;
- baisse de forme.
Une litière propre, peu poussiéreuse et une bonne ventilation participent au maintien du confort respiratoire.
E. coli peut-il provoquer des problèmes respiratoires ?
Oui. Le colibacille E. coli ne concerne pas uniquement l’intestin.
Chez les volailles, certaines souches pathogènes peuvent intervenir dans des atteintes respiratoires ou générales, notamment lorsque les voies respiratoires ont déjà été fragilisées par un autre agent ou par des conditions environnementales défavorables.
Il existe notamment une interaction bien documentée entre E. coli, les mycoplasmes et certains virus respiratoires dans les maladies respiratoires complexes des volailles.
Mycoplasmes et maladie respiratoire chronique
Les mycoplasmes sont fréquemment rencontrés dans les recherches concernant les problèmes respiratoires des volailles.
Mycoplasma gallisepticum peut notamment être responsable d’une maladie respiratoire chronique chez les poules et d’autres espèces aviaires.
Les signes peuvent comprendre :
- éternuements ;
- toux ;
- râles respiratoires ;
- difficulté à respirer ;
- écoulement nasal ;
- conjonctivite ;
- gonflement des sinus selon les espèces.
Les pigeons peuvent eux aussi être infectés par Mycoplasma gallisepticum.
Coryza ou mycoplasme : comment faire la différence ?
Pour un propriétaire, il peut être difficile de distinguer un coryza, une mycoplasmose ou une autre maladie respiratoire simplement en observant l’animal.
Éternuements, écoulement nasal, œil gonflé et respiration bruyante peuvent en effet se retrouver dans plusieurs maladies.
Le terme « coryza » est d’ailleurs souvent employé de manière générale pour désigner un rhume ou une affection respiratoire chez la poule, alors que le coryza infectieux correspond à une maladie bactérienne précise.
Virus et problèmes respiratoires chez les volailles
Les bactéries ne sont pas les seules causes possibles.
Différents virus respiratoires peuvent également provoquer des éternuements, écoulements et difficultés respiratoires chez les volailles.
Parmi les maladies entrant notamment dans le diagnostic différentiel du coryza figurent la bronchite infectieuse, la maladie de Newcastle, la laryngotrachéite infectieuse ou encore l’influenza aviaire.
Une atteinte virale peut également fragiliser les voies respiratoires et favoriser ensuite l’intervention de certaines bactéries opportunistes.
Pourquoi parle-t-on de surinfection bactérienne ?
Le système respiratoire dispose naturellement de mécanismes permettant de limiter la progression des poussières et micro-organismes.
Lorsqu’une première atteinte irrite ou fragilise les muqueuses respiratoires, ces mécanismes peuvent être moins efficaces.
Des bactéries présentes dans l’environnement peuvent alors profiter de cette situation. On parle couramment de surinfection bactérienne.
Les maladies respiratoires peuvent donc parfois être complexes et associer plusieurs facteurs simultanément.
Champignons et aspergillose
Les problèmes respiratoires peuvent également être d’origine fongique.
L’aspergillose est notamment liée à des champignons du genre Aspergillus. Leurs spores sont largement présentes dans l’environnement.
Une exposition importante peut survenir en présence de litières, aliments ou matières organiques contaminés par des moisissures.
La conservation correcte des aliments et l’utilisation d’une litière saine sont donc particulièrement importantes.
Streptocoques et staphylocoques : quel rôle chez les volailles ?
Les streptocoques et les staphylocoques regroupent de nombreuses espèces de bactéries. Certaines peuvent être naturellement présentes sur les muqueuses, la peau ou dans l’environnement sans provoquer systématiquement de maladie.
Dans certaines situations, notamment lorsque l’animal est fragilisé ou que les barrières naturelles des muqueuses sont altérées, certaines de ces bactéries peuvent se comporter comme des agents opportunistes.
Chez les volailles, certaines infections à streptocoques peuvent être secondaires à d’autres problèmes et évoluer sous forme locale ou générale. Les staphylocoques sont quant à eux davantage connus pour différentes infections locales ou systémiques, notamment lorsque les tissus ou les muqueuses sont fragilisés.
Ils font donc partie des nombreuses bactéries pouvant intervenir dans l’état sanitaire général d’un élevage, sans être considérés pour autant comme les principales causes de maladies respiratoires comme peuvent l’être le coryza infectieux, certaines pasteurelloses ou les mycoplasmoses.
Œil gonflé et sinus gonflé chez une poule
Les recherches « poule œil gonflé », « poule sinus gonflé » ou « poule tête gonflée » sont particulièrement fréquentes lors de problèmes respiratoires.
Un gonflement peut notamment accompagner certaines atteintes des voies respiratoires supérieures et des sinus, dont le coryza infectieux.
Il ne permet toutefois pas, à lui seul, d’établir la cause du problème, car différentes maladies respiratoires peuvent provoquer des signes proches.
Nez qui coule et écoulement nasal chez la poule
Un écoulement nasal chez la poule peut être clair au début puis devenir plus épais selon son origine et son évolution.
Lorsque les sécrétions s’accumulent, les narines peuvent sembler encombrées et l’oiseau peut éternuer ou secouer régulièrement la tête.
La présence simultanée d’un écoulement, de sinus gonflés, d’yeux humides et d’éternuements mérite donc une attention particulière.
Pigeon qui éternue ou respire mal
Chez le pigeon également, éternuements, écoulements nasaux, respiration bruyante ou baisse de forme peuvent accompagner différentes affections respiratoires.
Les bactéries, mycoplasmes, virus et champignons font partie des agents susceptibles d’affecter le système respiratoire des oiseaux.
La poussière présente dans un pigeonnier et le renouvellement insuffisant de l’air peuvent également contribuer à l’irritation des voies respiratoires.
Pourquoi l’environnement est-il si important pour les voies respiratoires ?
Les voies respiratoires sont directement exposées à l’air ambiant.
Une mauvaise qualité de l’air peut donc fragiliser les muqueuses et accentuer les difficultés respiratoires.
Il est notamment important de :
- maintenir une ventilation suffisante sans courant d’air direct ;
- garder la litière propre et sèche ;
- limiter la poussière ;
- éviter l’accumulation d’ammoniac ;
- retirer les matériaux et aliments moisis ;
- nettoyer régulièrement abreuvoirs et mangeoires ;
- éviter une densité excessive d’animaux ;
- surveiller attentivement les nouveaux animaux introduits dans le groupe.
Quand faut-il demander conseil à un vétérinaire ?
Une respiration difficile ou avec le bec ouvert, un gonflement important de la face, des écoulements marqués, une forte baisse de l’état général, un animal qui ne mange plus ou plusieurs animaux présentant rapidement les mêmes symptômes doivent conduire à demander conseil à un vétérinaire afin d’en rechercher précisément la cause.
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